Une semaine en Sibérie…
Assister à une éclipse solaire totale est un spectacle inoubliable. Il s’agit d’un évènement très rare sur un lieu donné, mais si l’on a la chance de pouvoir voyager, de très rare, l’évènement devient peu fréquent.

Couronne solaire durant l'Eclipse
Ainsi, nous avons eu la chance de partir avec l’A.F.A. Association Française d’AstronomieSite de l’A.F.A. pour un périple d’une semaine en Sibérie, périple qui s’est terminé à Novossibirsk pour l’observation de l’éclipse.
Cette éclipse était visible en totalité, en théorie du moins, sur une bande large au plus de 230 km, depuis l’arctique jusqu’à la Chine. Toutefois, pour des raisons de facilité d’accès, et afin de diminuer les risques de mauvaise météo, la plupart des chasseurs d’éclipses ont choisi la Chine, la Russie, La Mongolie, destinations toutes très alléchantes.
La durée de la totalité était à Novossibirsk de deux minutes et quelques secondes.
Localisation géographique du site d’observation
Ci-contre, une animation disponible sur le site Wikipedia.
L‘animation montre le déplacement de l’éclipse: la zone de totalité est représentée par la petite tache sombre glissant au centre de la très large zone d’ombre de l’éclipse.
Novossibirsk, notre destination pour l’éclipse, est la troisième ville de Russie et la première de Sibérie.
La ville se trouvait quasiment sur la ligne de centralité, garantissant un accès facile par la route, et, de plus, la météorologie paraissait statistiquement rassurante un 1er août.
Sur place, le site choisi se trouvait sur la rive sud du réservoir de Novossibirsk, les eaux du fleuve Ob étant retenues par un barrage à ce niveau.

Carte de la Russie
ci-dessous: localisation du site d’observation…
Un petit clic pour voir en grand…
Quelques photos de l’éclipse:
L‘éclipse débutait (1er contact) à 16h41 heure locale, la totalité à 17h45 pour une durée de 2mn 18s, et le dernier contact, 1h plus tard.
Un petit clic pour voir en grand…
Matériel utilisé
C‘est avec une petite puce facile à transporter, à savoir une lunette Baader Scopos.Baader Scopos ED Apo 66 Il y toujours une place pour elle dans le sac!
Avec 30cm pour 1,8kg
Diamètre objectif : 66 mm
Longueur focale 400 mm
Ouverture f/6 que nous avons réalisé ces quelques clichés.
Derrière la Scopos, ont pris place un renvoi coudé pour plus de confort, et une Barlow X2 pour doubler la focale de la lunette, ses 400mm étant un peu limite quand même lorsqu’il s’agit de photographier les protubérances et autres grains de Baily.Grains de Baily
Apparaissent juste avant le début et la fin de la totalité
Découverts par l’Anglais Francis BailyCorrespondent au passage de la lumière solaire à travers les reliefs montagneux du bord de la lune
Bien sûr la présence de la Barlow exclut la possibilité de saisir la totalité de la couronne solaire qui nécessite une focale plus courte, mais c’est un choix!
Un bon boîtier reflex pour terminer le montage, un Nikon D200 (tant pis pour les « Canonistes »!) et voilà le tour est joué. En fait non, pas tout à fait, un petit truc sympa à réaliser par un bricoleur et qui fait gagner beaucoup de temps pour cadrer proprement le soleil durant les phases partielles: notre ASF maison…Advanced Solar Finder…
Fabrication maison: pour aligner facilement la lunette sur le soleil…
Il s’agit d’une petite pièce d’aluminium rectangulaire, recourbée à angle droit à chacune de ses extrémités, puis fixée sur la lunette. Economique et super efficace!
Voir photo ci-dessous.
Il faut encore ajouter à cela une bonne stratégie pour les prises de vue, préparée bien à l’avance, car la phase de totalité est bien trop courte pour l’improvisation photographique.
Après, il ne reste plus qu’à croiser les doigts pour que la météo soit favorable, pour que la mise au point soit correcte, pour ne pas oublier de recentrer le soleil (eh oui, pas de monture équatoriale, pas de suivi…), pour que l’émotion ravageuse ressentie au moment de la totalité perturbe le moins possible le travail à accomplir, pour que la panique ne gâche pas tout au moindre souci…
Un petit clic pour voir en grand…
Evidemment, les réglages et l’attention portée au travail photographique, ne permettent pas de profiter pleinement du spectacle visuel, il faut alterner entre l’émerveillement des yeux et la concentration nécessaire pour les photos. Mais quel bonheur fantastique! Assister à l’éclipse c’est déjà un moment très fort et très marquant, en rapporter des clichés présentables c’est une joie sans limite.
Un petit secret? pour mettre toutes les chances de son côté, il est vraiment agréable et efficace de travailler en binôme et de bien se répartir les taches sans se gêner. Là aussi, ce n’est pas toujours facile, mais c’est un petit plus lorsque cela fonctionne.
